Revue Corps, le corps du rock

Le numéro 13 de la revue Corps publie deux dossiers dont "Le Corps du Rock" que nous avons dirigé avec Luc Robène.
Le second dossier intitulé "Arts immersifs" a, quant à lui, été coordonné par Anaïs Bernard et Bernard Andrieu.

Je dirai juste deux mots sur "Le Corps du Rock".
D'abord, il s'agit de réflexions à comprendre comme un point de départ à une réflexion plus large sur ce que le rock a généré dans le rapport au corps de plusieurs gnénérations depuis une soixantaine d'années.
Comme nous l'écrivons en introduction, "le rock a révélé le plaisir d'investir un corps remuant, pulsionnel, maquillé, tatoué ou percé, gouverné par l'absence apparente de limites et la revendication à jouir selon des modes d'expression loin des convenances, quitte à perdre sa vie dans les excès" ou, pourrions-nous conclure aujourd'hui en se rendant au concert au Bataclan.
Car ce corps jouissif du rock, ce corps remuant et communiant dans les concerts en a fait une cible de choix pour les nouveaux barbares. Dans ce dossier qui est à considérer comme un point de départ donc, nous donnons la place à des figures du rock (Mick Jagger, dans le très beau texte de François Bon, "l'invention de Mick Jagger par lui-même"), à des acteurs du rock (deux interviews, l'une de Denis Barthe, ancien batteur de Noir Désir, l'autre de Daniel Darc, ancien chanteur de Taxi Girl) mais nous observons aussi des engagements corporels spécifiques au rock, le corps du guitariste (analysé par Denis Mellier) ou le corps des fans corporellement engagés dans les concerts de New Model Army que  décrit par exemple Solveig Serre. Ce "corps mis à nu des prophètes de la modernité", selon la formule de Didier Manuel est déjà un corps révélateur du patrimoine immatériel de notre culture.
David Bowie sur un mur de Lyon, janvier 2016
by Dav
C'est un corps de stars qui disparaissent, récemment Lemmy Kilmister ou David Bowie par exemple,  Daniel Darc aussi (qui livre quelques pensées sur son corps marqué dans ce numéro) rappelant que les humains sont faits pour mourir, même ceux qui jouent du rock, même ceux qui sortent un album deux jours avant de mourir (Bowie) ou qui restent sur scène jusqu'au bout d'eux-mêmes (Lemmy), même ceux qui ont l'impression de commencer leur vie à 50 ans (Daniel Darc).
Lemmy Kilmister peint au lendemain de sa mort sur une devanture de bar à Lyon (déc. 2015)
Ces corps défunts ne disparaissent pas.
Ils accèdent à une représentation iconique.
Le corps multiple de Bowie comme le corps monolithique d'Emmy ont rejoint celui d'Elvis, de Morrison, d'Hendrix, de Freddy Mercury ou Amy Winehouse, de Lou Reed ou de Johnny Winter dans l'iconographie des légendes de la culture populaire.
Freddie Mercury

Ce numéro de Corps trace donc des perspectives bien plus qu'il ne caractérise de manière définitive ce que le rock a fait au rock et à la culture...

Il est pour nous une étape dans un travail qui se croise avec le corps punk, inscrit dans une histoire du punk (1976-2016) au sein du projet Punk is Not Dead. Un travail pour lequel nous ne pouvons que constater l'enthousiasme qu'il procure et le travail de mémoire qu'il produit à chaque fois que nous en parlons.
à suivre donc...



Amy Winehouse

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